– Article Sud-Ouest du 23/08/2017 –

thomas-raymond-du-label-rudeboyz-blackwhite

Bordeaux : des ateliers pour découvrir le hip-hop ce mercredi soir

Le label bordelais Rudeboyz records propose, ce mercredi soir, une animation gratuite autour du hip-hop sur la place de la Victoire

« Il y a deux ans, je n’aurais jamais pu proposer un événement pareil en centre-ville de Bordeaux, estime Thomas Raymond, manager du label Rudeboyz records. Le hip-hop était encore trop accolé à une image de voyous issus de la banlieue. »

Mais les choses changent. Le marché de l’art s’intéresse au street art, les salles de spectacle subventionnées programment de la danse hip-hop et des rappeurs comme Vald ou Orelsan touchent un public aussi large que des chanteurs de rock.

Graff, musique, breakdance

Thomas Raymond, 26 ans, en profite donc pour faire connaître les activités de son label et de la culture à laquelle il se réfère, avec un événement qu’il envisage comme une vitrine : ce mercredi, de 18 à 21 heures, il installe une tente et trois stands place de la Victoire, pour accueillir des ateliers gratuits et ouverts à tous de graff, de musique sur ordinateur et de breakdance (en collaboration avec l’école de danse Adage). Ainsi qu’une session micro ouvert au cours de laquelle tout un chacun pourra faire entendre ses textes, voire improviser sur les musiques jouées par un DJ.

Lequel DJ gardera les platines pour accompagner ensuite une performance de street art lors de la troisième et dernière heure. Trois heures « seulement » ? « On ne cherche pas à attirer des milliers de personnes, répond Thomas Raymond. On veut montrer qu’on existe. On aimerait que les gens prennent du plaisir. Et s’ils sont réceptifs, on pourra peut-être reconduire l’initiative. Cet événement aura une valeur de test. »

À Barbey en septembre

Ce sera aussi une sorte de produit d’appel alors que Rudeboyz records doit être associé à la Rap School Barbey (le pendant rap de la structure rock, créé il y a un an) à partir de la mi-septembre. « On lui fournira des instrumentaux pour les cours de chant et d’écriture. On devrait pouvoir utiliser son studio d’enregistrement pour des voix. Et on réfléchit à co-organiser des événements avec Barbey : des concerts, des ateliers, des animations, à voir… »

Le label bordelais se pose en complément naturel de la Rap School : il regroupe une petite dizaine de beatmakers (des producteurs de musiques sur ordinateur) et travaille en réseau avec des artistes capables de fournir des visuels ou de tourner des clips pour des rappeurs. « C’est indispensable aujourd’hui. C’est d’abord grâce à des vidéos postées sur des réseaux sociaux que le public découvre des musiciens. »

On l’aura deviné : Rudeboyz records aimerait profiter de cette collaboration et de l’événement de ce mercredi pour repérer des rappeurs dont il produirait les titres. Et Thomas Raymond avance les contacts qu’il a noués avec le label californien The Honor Roll. « On apporte les instrumentaux. Ils apportent les voix. Ça doit donner lieu à cinq EP (des albums petit format, NDLR) à l’automne. Et on va essayer de faire tourner nos artistes de chaque côté de l’Atlantique. » Y a plus qu’à…

 

 

Auteur :  Christophe Loubes /  Voir l’article original